Kenya : des affrontements entre les membres d’une secte et la police font dix-neuf morts en deux jours

1 12 2012

Les 14 et 15 avril, Nairobi a été le théâtre d’affrontements entre des membres de la secte interdite Mungiki et les forces de l’ordre. Au moins dix-neuf morts sont à déplorer.

- 17/04/2008

Le 14 avril 2008, au moins douze personnes ont été tuées dans des affrontements opposant des membres de la secte interdite Mungiki aux forces de l’ordre. « Six membres présumés des Mungiki ont été tués par la police et trois personnes tuées par les Mungiki »,a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) un haut responsable policier. Trois autres membres présumés de la secte ont été tués par la police dans les villes d’Eldoret (à 300 kilomètres au nord-ouest de Nairobi) et de Naivasha (à 90 kilomètres au nord-ouest de Nairobi), dans la province de la vallée du Rift. En outre, quatre personnes supplémentaires ont été tuées mardi 15 avril, portant à 19 le nombre de morts en deux jours. Le gardien d’un garage a été assassiné à Nairobi à l’arme blanche par des membres présumés de la secte qui ont ensuite incendié neuf véhicules dans le garage. En outre, un haut responsable de la police a également indiqué que la police avait tué trois membres présumés des Mungiki, deux dans la zone industrielle de Nairobi et un à Thika. Depuis lundi, les Mungiki érigent des barrages et défient les forces de l’ordre pour protester contre l’assassinat de l’épouse de leur leader emprisonné, la semaine dernière.

« Nous avons intensifié les patrouilles dans les zones touchées par les violences. Notre principal souci est de protéger les vies et les biens », a commenté de son côté le porte-parole de la police kényane, Eric Kiraithe. Interrogé par une télévision kényane lundi soir, un porte-parole des Mungiki a averti que la violence ne diminuerait pas tant que le meurtre de l’épouse de leur chef ne serait pas élucidé. »Nous ne cèderons pas. Nous ne sommes pas des lâches et la police devrait le savoir (…) Nous ne serons pas intimidés par la brutalité policière. Nous continuerons à demander nos droits », a déclaré Njuguna Gitau.

Selon une source policière, les membres présumés de la secte étaient venus protester contre le meurtre de l’épouse du leader de ce gang, actuellement en prison. Le chef des Mungiki, Maina Njenga, a été écroué en juin 2007 pour détention de cannabis – à défaut de prouver sa culpabilité dans les meurtres dont il est soupçonné. Le corps de sa femme avait été retrouvé mutilé en compagnie de trois autres cadavres dans le centre du Kenya, le 11 avril. Elle avait été enlevée le 8 avril. La secte accuse la police kenyane de l’avoir tuée. La secte Mungiki – qui signifie « foule » ou « multitude » en kikuyu –, déclarée illégale en 2002, est accusée d’au moins 43 meurtres – dont une dizaine par décapitation – depuis mars 2007, notamment dans les bidonvilles de Nairobi et dans le centre du pays.


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